Poésie moonwalk
La poésie qui marche en arrière. N'est-ce pas un Kalombo II foisonnant ?
pour James-Honoré Ngandu
le tam-tam la nuit
et son encablure à ce levé du soleil
quelle vie de merde
dépourvue de son souffle
une bouffée d’oxygène
tronquée d’un valse de salauds
bouchée dans la merde
d’une poésie qui ne défie
aucun silence sur son chemin
tam-tam la nuit
nous nous enivrons de ton bruit
le couinement de ta voix
et bouffée d’oxygène
suspendue dans le ciel hétérogène
qui roule une larme sur la joue
comme roule ses « r » de Gauteng
et tout l’artéfact
nomme la ville sur la peau
d’odeur-cuivre d’odeur-diamant
toute la cartographie du désir
roule ses « r » comme dans Gauteng
une larme tombée raide-morte
sur un crocodile raide-vivant
tam-tam la nuit
nous nous enivrons
des corps de ton silence
des corps de ta voix sidéenne
qu’importe cassée par la peau
et les amulettes qui s’enroulent au cou
roulent son cercle sur ma hanche
la nuit tout le soleil est noir
inoffensif déversant ses yeux
dans le fleuve incolore
qu’importe la peau roulée sur « r »
comme dans Rumba dans Barcelone
et ce cri infâme qui couine
couinement des corps du silence
couinement des corps se déversant dans le silence
la nuit est un territoire
où marche les ondes balafrées
d’une poésie qui dort tranquille
tissant ses liens du Lualaba
et qui roule sa larme-fleuve
tam-tam la nuit
nous nous enivrons du gémissement
qui dessine sur ce linceul
une épitaphe ivre
ici grâce ici disgrâce
les autres je m’emballe les Couilles
la nuit est un territoire
conquis par la luminance du silex
dont la purulence amarre
à fleur de peau
une amertume décalée
assise sur l’inconfort
assise sur le tam-tam
concocté par des bois
qui déchirent des méninges
implorant la grâce du braconnier
tam-tam la nuit
nous nous enivrons à ta soif
au son de ta faiblesse sexuelle
photo du silex découpé libre
en six-cent-soixante-six morceaux
marchant en arrière
faisant marcher la poésie en arrière
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