J'étais en train de dire au maestro
J’étais en train de dire au Maestro Kash en tant que Monsieur Juste, rien à voir chez Christian Gombo et mieux rien à avoir chez l’écrivain Maudit qui se fait souvent appeler Tomokwabini, nous ne savons pourquoi.
J’étais en train de dire au Maestro Kash en tant que Monsieur Juste, rien à voir chez Christian Gombo et mieux rien à avoir chez l’écrivain Maudit qui se fait souvent appeler Tomokwabini, nous ne savons pourquoi. Et donc je lui disais dans la peau du juste que l’Eternel n’abandonne jamais même si, comme tout chrétien je ne suis pas tant que ça pressé de découvrir le Paradis ( vie eza goût pardon ) et donc je lui disais ceci après avoir rouler ma langue 666 fois bien sûr : « Après la Clinique, place à la Morgue Littéraire de Kinshasa ! La Clinique a montré ses limites. On ne sait plus qui est qui et qui fait quoi. Un peu à l’image du pays, mais on va éviter de le dire. Parce que le pays va bien et le Gouvernement travaille durement pour notre bien-être social en mettant d’abord l’argent dans leur poche en rêvant de nous et du peuple d’abord. C’est de bonne guerre. Un jour je deviendrai aussi politicien. Ou pasteur. La panier de la garce circule encore. Et donc à Kin tout bouge. Kinshasa bouge, Kinshasa innove. C’est toujours bien. Après le concept ronflant de la « Clinique littéraire », où l’on prétend soigner les maux de nos lettres locales, il est temps de passer à l’étape supérieure, beaucoup plus réaliste : l’ouverture imminente de la Morgue Littéraire de Kinshasa (MLK). Pourquoi une morgue ? Parce que pour soigner, il faut des médecins. Or, notre faune critique kinoise est moins peuplée de chirurgiens de l'esprit que de médecins légistes autoproclamés, spécialisés dans l’autopsie prématurée.
Des médecins stagiaires au chevet du livre : il faut que ça s’arrête ! La preuve : Entrons dans les couloirs de cette nouvelle institution. Qui y trouve-t-on ? Une armée de « Docteurs en Lettres » au stéthoscope fatigué. Des gens de Droit qui ont perdu la posture droite. La rumeur dit d’ailleurs que ce sont d'anciens internes qui ont lamentablement échoué dans leur propre carrière d’écrivain. Et d’éditeur. ( Il ne faut jamais suivre les rumeurs et c’est vrai ). Faute donc de pouvoir donner la vie (à un bon livre), ils ont choisi de certifier la mort de ceux des autres. Et ça pouvait être louable si c’était fait avec art et détachement. Mais non ! C’est toujours des histoires de forme qui en soi ne devrait déformer aucune œuvre tant le fond pèse lourd trop souvent.
Leur méthode ? Un art consommé de la déconstruction. Et ça n’a rien d’original : tout le monde peut le faire. Détruire a toujours été plus facile que construire et tout le monde le sait. Ils arrivent, l’air grave, devant une œuvre qui a demandé des mois de sueur à son auteur. En deux coups de scalpel verbal, le livre est désossé, déshabillé, déclaré cliniquement mort. Mais quel incompétence mon Dieu ! Et peut-être le pire, c’est toujours Dieu ( Qui regarde faire comme toujours ). Et partout ensuite, il pleut la rouille !
« Ce livre est mauvais ! » s'écrient-ils avec la satisfaction du stagiaire qui vient de découvrir l'eau chaude. Pauvre Mort mal baisée. Dire qu’un livre est mauvais, c’est facile, c'est même à la portée du premier venu sur WhatsApp et nous ne le dirons jamais assez. C’est trop facile d’être méchant. Nous avons cela dans le sang. Dans les seins aussi. Mais là où le génie de nos toubibs de salon éclate, c'est dans leur totale incapacité à poser un diagnostic sérieux avec toujours une politique du symptôme : On regarde la peau, on ignore le cœur.
Nos brillants légistes souffrent d'une cécité chronique : ils sont incapables de toucher l’âme ou l’esprit d’un texte. Ils s’arrêtent aux symptômes physiques. Une virgule mal placée ? « Cancer généralisé ! » Une coquille à la page 42 ? « Amputation immédiate du chapitre ! »
Ils s'attaquent à la forme avec une mauvaise foi chirurgicale, mais sont infoutus de faire une analyse approfondie du fond. Ils prétendent vouloir éliminer ce qu'ils appellent — avec de grosses pincettes sémantiques — « le cancer de la mauvaise production littéraire ». Fort bien. Mais quelle est leur thérapie ? Quel est le traitement concret proposé pour que ces « mauvais livres » ne paraissent plus ? Rien. Le néant thérapeutique. On coupe, on détruit, on enterre, et on rentre chez soi boire sa bière en félicitant sa propre rigueur intellectuelle. Belle masturbation intellectuelle ! Et ensuite, il y a Le syndrome du « Échouons ensemble » sans doute.
Donc au fond, cette morgue littéraire met en lumière une pathologie bien de chez nous, une sorte de réflexe de solidarité dans le naufrage : puisque je n'ai pas réussi à écrire le chef-d'œuvre de la décennie, faisons en sorte que personne d'autre ne soit publié. C'est l'application littéraire du célèbre adage : « Échouons ensemble, c'est plus convivial. ». Ceci n’est que hypothèse sans poursuite du vent.
Alors, chers « Docteurs » de la critique kinoise, la Morgue Littéraire vous ouvre grand ses portes. Envoyez vos CV. Vos tables de dissection vous attendent. Continuez à exécuter les livres sur l'autel de votre frustration. Mais n'oubliez jamais qu'à force de ne savoir que découper les cadavres, vous finirez par oublier à quoi ressemble un corps vivant.
À bon entendeur, salut, et que la littérature (sur)vive ! »
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