Le nom de ma mère, de Pascal Boroto , JC Lattès, Prix Voix d'Afrique.
Dans ce roman à la fois intime, poétique et profondément politique, Pascovich Boroto transforme son deuil en une œuvre lumineuse où il ressuscite la mémoire de sa mère, Solange Lusiku, tout en dressant un portrait saisissant de la République démocratique du Congo, démontrant que lorsque la justice se tait, l’art devient la voix la plus puissante de la vérité.
Tout ce qui ne peut se dire, s'écrit.
Pascovich a écrit la dette que son cœur avait. Il ressuscite, dans son roman fluide, la mémoire de sa mère, Solange Lusiku, une absente que le portrait dressé dans ce récit rend vivante.
Le primo-romancier qu'il est décrit, exhume, puis exhibe dans les moindres détails, le travail de sa mère et son Souverain Libre, comme si la mort n'avait rien emporté. Il parle de sa voix, douce, posée, ferme parfois, mais toujours pleine d'un amour sans bruit... une femme d'apparence simple, presque discrète. (page 11).
Il ouvre sa plaie, nous tend ses remords mais nous rappelle que rien, alors rien, n'est fini tant qu'on garde un peu de lumière dans le regard (page 50). Il donne à lire son deuil, cette blessure qui saigne sans logique, qui crie sans raison (page 61) ; il décrit ensuite comment l'absence devient une présence encombrante, une colère qui se lève devant des souvenirs mouvants.
Ce qui, en effet, me semble fabuleux est que ce roman ne lâche pas un seul instant la poésie. Quoique poète, Boroto n'oublie pas le vrai miroir du pays, qu'il brosse dans une masterclass d'analyses politiques dans ses pages 76, 77, 78, 79, 80, 81, 82, 83.
En refermant cette œuvre, les vérités les plus troublantes pour ma petite personne demeurent : La justice mise en scène parce que la justice réelle se dérobe. Les victimes exposées parce que les institutions se taisent. La vérité portée par l'art, faute d'être portée par le droit (page 83) ; l'État semblait lointain, presque abstrait... les enseignants prêtaient serment à la misère.
Et force est d'avouer que par la fiction, le lecteur que je suis a semblé naviguer dans un récit documentaire tel un reportage écrit, alors très réussi, de mon point de vue. Et les quelques pages sur le FONAREV ont semblé faiblir voire décimer mon appétit.
Nice !
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