Au jour le jour

0 44 11 Mai 26 Introduction

Au fil des jours, même dans la douleur la plus profonde, les petites beautés de la vie et le besoin d’être utile aux autres nous donnent encore une raison de continuer à vivre.

Image du post Au jour le jour
Photographie Dieudonné Sumbu.

Quand d'une perte irréparable

On garde au coeur le souvenir,

On est parfois si misérable

Qu'on délibère d'en finir.


La vie extérieure oppresse :

Son mobile et bruyant souci

Fatigue... et dans cette détresse

On murmure : « Que fais-je ici ?


« Libre de fuir tout ce tumulte

Où ma douleur n'a point de part,

Où le train du monde l'insulte,

Pourquoi retarder mon départ ?


« Pourquoi cette illogique attente ?

Les moyens sont prompts et divers,

Pour l'homme que le néant tente,

D'écarter du pied l'univers ! »


Mais l'habitude, lâche et forte,

Demande grâce au désespoir ;

On se condamne et l'on supporte

Un jour de plus sans le vouloir.


Ah ! C'est qu'il faut si peu de chose

Pour faire accepter chaque jour !

L'aube avec un bouton de rose

Nous intéresse à son retour.


La rose éclora tout à l'heure,

Et l'on attend qu'elle ait souri ;

Eclose, on attend qu'elle meure ;

Elle est morte, une autre a fleuri ;


On partait, mais une hirondelle

Descend et glisse au ras du sol,

Et l'oeil ne s'est séparé d'elle

Qu'au ciel où s'est perdu son vol ;


On partait, mais tout près s'éveille,

Sous un battement d'éventail,

Un frais zéphire qui conseille

Avec l'espoir un dernier bail ;


On partait, mais le bruit tout proche

D'un marteau fidèle au labeur,

Sonnant comme un mâle reproche,

Fait rougir d'être un déserteur ;


Tout nous convie à ne pas clore

Notre destinée aujourd'hui ;

Le malheur même est doux encore,

Doux à soulager dans autrui :


Une larme veut qu'on demeure

Au moins le temps de l'essuyer ;

Tout ce qui rit, tout ce qui pleure,

Fait retourner le sablier.


Ainsi l'agonie a des trêves :

On ressaisit, au moindre appel,

Le fil ténu des heures brèves

Au seuil du mystère éternel.


On accorde à cette agonie

Que la main n'abrège jamais,

Une lenteur indéfinie

Où les adieux sont des délais ;


Et sans se résigner à vivre

Ni s'en aller avant son tour,

On laisse les moments se suivre,

Et le coeur battre au jour le jour.


Sully Prudhomme

Powered by Froala Editor

Image de profile de Kiosque Littéraire, rédacteur(trice) sur le site de Kiosque Littéraire.

Kiosque Littéraire

Écrivains, Acteurs Culturels et Littéraires

Pour liker, disliker, réserver, ou commenter ce post, abonnez-vous ou connectez votre compte si vous en avez un !
Apocalypse d'une crise
Poème

Apocalypse D'Une Crise

Kalombo I I 11 Mai 26

Dans ce texte, les doigts devenus messagers d’un monde numérique révèlent une profonde crise intérieure où, malgré la multitude de contacts et de messages, l’être humain demeure seul, en quête de chaleur, de sens et de vérité.

Mai, Toute la lyre.
Poème

Mai, Toute La Lyre.

Kiosque Littéraire 11 Mai 26

En mai, la nature s’illumine et renaît dans une explosion de lumière, de fleurs, d’espoir et de joie, comme un poème vivant célébrant la jeunesse et l’amour.

Ambiance perdue aux Ngouani
Poème

Ambiance Perdue Aux Ngouani

Kiosque Littéraire 21 Avr 26

Une étoile s’est éteinte, emportant avec elle la lumière fraternelle et laissant dans mon cœur, désormais orphelin, un deuil profond où mes espoirs se heurtent au silence amer de la mort.

Nteta
Poème

Nteta

Jean Marc Ilunga 18 Avr 26

Ça me dit, instant mots

Designed and Developed by NZANZU MUHAYRWA L. / +243-977-210-519 / nzanzu.lwanzo.work@gmail.com