Mayuya, l'intello

0 87 19 Mars 26 Introduction

Un prétendu « intello » du quartier, Mayuya l’intello, est finalement démasqué comme un manipulateur exploitant des jeunes filles en échange d’aide scolaire, après avoir été surpris avec Déborah.

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- C'est ta chambre, je suppose ! Ainsi parlait simplement la nouvelle voisine, en pénétrant chez son colocataire. 

- Oui, en effet. Tu veux voir à quoi elle ressemble ? Sois pas timide. C’est rien qu’une petite pièce de rien du tout,  qui n’a qu’un lit, une table de chevet et des affaires personnelles. 

- Hum… je pense que je vais découvrir moi-même. 

Déborah était une jeune  fille qui avait eu la grâce qu'ont les enfants de ce nouveau siècle de grandir vite et trop bien pour ne pas être à l’abri de mauvais regards.  Elle vient en ce jour pour trouver des solutions pratiques à son énième devoir à domicile. Ce n’est pas la première fois, qu’elle apporte un exercice qui la dépasse, à son « tonton Solution », que tous les enfants appellent Ya Junior Mayuya l’intello, dans la parcelle.

Mais pendant qu’elle s’en va explorer le secret de la chambre du tonton trop célibataire,  il monte dans la tête de ce dernier, juste derrière, à regarder les merveilles du créateur, des idées, ou précisément,  des désirs. Et comme le diable ne dort pas, quinze minutes après, nous avions subitement droit à des cris bizarres. 

Déborah y était depuis 14 heures. Généralement,  elle y faisait qu’une heure au maximum.  Et tout se passait avec transparence : soit au salon, la porte et les fenêtres grandement ouvertes ; soit sous la devanture, sous les regards de tous. Mais seulement, aujourd’hui était un jour plus que jour, un de plus unique qui soit.  Jusqu’à ce que plusieurs minutes après, Ya Junior passait aux aveux : 

- Mokonzi, ce n’est pas ce que vous croyez ! Il était question  qu’elle vienne chez moi, comme d’habitude,  pour l’aider à faire ses devoirs de français! Debo,  shu semeko ata we moya bayama ! Ainsi débutait Mayuya l’intello,  ligoté, qui suait de toute part !

- Funga mu mpwita, we ! Ordonna violemment le Commandant, avec sa troupe qui entourait le coupable, à qui on administra au passage un coup de pied au visage déjà défiguré.  Munitiye ule petit arikwa témoin. 

- Sebondo ? Cria un voisin dans la foule. 

L’instant d’après, on voyait un jeune homme, vêtu d’un pantalon déchiré.  Un polo blanc, avec l’effigie d’un rappeur américain dessus, et qui portait un petit sac en bandoulière. Il s’approchait doucement, qu’on lui fit signe de faire vite.

- Sebondo ? 

- Mokonzi ! 

- Petit, sema sasa bile uriona. 

- Mokonzi, bantu bote mu mpango umu, banayuwa. Minojishaka bya butshungu na kabondo pa balabala.  Turikwa ma 15 heures, saa mina funga ma bintu yangu. - Nirikwa na ka rendez-vous.  Il fallait ningiyeko. Nikanawe, de façon que niji préparer. 

- Hum. Et puis… ? Insiste le Commandant. 

- Mukwingiya mu mpango,  minakutana na uyu vieux. Akanyambiya : « Petit wangu, fa mbele bya butshungu mu ma rakutaku. » Shi minanzo tsheka. 

- Urianza kutsheka nju ya nini ? 

- Mokonzi. Vieux arikwa yasho ye wote. Arianza kutokeya lwa mu nyumba ke. Ashiya ni lombaka ile ma bordels. Mu mpango, ye njo aneka ene tupa ma conseils. Bo njo benye ba ma français. Mais leo anilombe bya butshunngu.  Shi miribiona suspect. 

- Donc, mon cher,  à en croire sa version, tu as voulu faire de cette fille ton champ d’expérimentation ? Demande le Commandant, furieux. 

- Mokonzi, munishikiye ko… pardon, supplie l’intello, dont les témoignages ne cessent de l’enfoncer.  

- Ukunasema nakusema ! Petit, tuta confisquer arme du crime… 

- Mokonzi wetu… 

***

Le jeune homme tremblait de peur, quitte à se pisser dessus. Il venait d'être démasqué et son jeu allait bientôt prendre fin. A cause d'une petite fille. C’était vraiment son jour de malheur. Et pourtant, tous les jours, il fait ses coups sans aucun problème. Sachant qu'il est intelligent, toutes les élèves du quartier vont chez lui solliciter les explications, et être aidées avec leurs devoirs. On s’est toujours demandé pourquoi il n'encadrait que les jeunes filles. Voilà que le secret venait d'être dévoilé. A chaque fois qu'il se retrouvait seul avec une fille, il lui proposait de coucher avec lui en échange de tout ce que la fille voudra en rapport avec ses cours. Travailler devant tout le monde n’était qu’un cheval de Troie. Il finissait toujours dans sa maison, avec celles dont il avait trouvé la masse corporelle intéressante. Bintu était sa cible favorite.  Et la pauvre, jamais elle parlait. Pauvres filles ! Comme elles désiraient à tout prix réussir à l'école, elles capitulaient.

Voilà qu’aujourd’hui, c’était au tour de Déborah : tout se passait bien jusqu'à ce qu'il constate, en pleine action, que son revolver était vide. Il lui fallait recharger. Il s’était rhabillé à la hâte, ordonna à Debo de ne pas bouger, puis, alla voir Sebondo pour la potion magique.

5 minutes plus tard, on entendit des cris de la fille d’autrui dans la chambre de Mayuya, et quand une voisine est allée voir ce qui se passait, ayant sa maison collée à celle du présumé muviolo, et ayant pris son courage à deux mains, elle n’en croyait pas ses yeux. 

Elle a surpris le vieux Mayuya, collé serré, cimenté même, avec la fille d’autrui. C’est ainsi qu’elle les a enfermés. Et au dehors, elle  a immédiatement appelé la police. Elle l’avait toujours soupçonné sans toutefois avoir des preuves irréfutables. Mais là,  Mayuya était bien cuit.  

***

Les charges retenues contre le présumé sont devenues lourdes. Le Commandant observe Mayuya l’intello, qui ne demande qu’à bénéficier de la présomption d’innocence !

- Petit, ukunenda kasapa. Sergent Mulunge !

 - Mon Commandant !

- Mumukate ma boro… armes du crime !

- Eh yesu ! Cria fortement une voix, que toute la maison fut alertée.   

- Ni nini, Junior… ? Demanda la maman en s’introduisant la première… 

Utamonesha dje mère que unalota banakukata ma boro ku ndoto ? 


Bernard Masele dit Berdi et Sir Hakim Ndondji 

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