La Nuit du Texte : quand la lecture veille avec nous
La Nuit du Texte n’était pas un spectacle, mais une veillée où chaque mot allumait une lampe dans l’obscurité, rappelant que tant qu’il y a des mots, il y a du lien.
Vendredi 22 août 2025, à 19h, le Centre d’Art Waza s’est transformé en un refuge pour les mots. À l’angle des avenues Mobutu et Adoula, quelque chose de particulier s’est levé dans la nuit : La Nuit du Texte commençait.
Là, sans décor grandiose ni artifices, il n’y avait que des voix, des regards, des présences réunis autour d’une même passion : le texte.
Plus qu’un événement, c’était une veillée des lectures littéraires. Une traversée lente, profonde, où chaque mot devenait une lampe allumée dans l’obscurité. Pendant plus de 12 heures, jusqu’à l’aube, poètes, dramaturges, essayistes ou tout simplement amoureux des livres se sont relayés, chacun portant son texte comme on porte une offrande à l'Eglise.
On a entendu les grandes voix de la littérature, celles qui ont marqué l’histoire et continuent de nous accompagner, mais aussi les voix intimes d’auteurs et d’autrices locaux venus lire leurs propres créations. Et cette alternance donnait une saveur unique ; comme si les générations se répondaient, comme si le passé et le présent dialoguaient dans un même souffle.
Et puis, après chaque lecture, la parole s’ouvrait. On ne restait pas seulement spectateurs ; on discutait, on questionnait, on riait parfois. Un texte réveillait un souvenir, une phrase faisait jaillir une émotion, une idée lançait un débat. Ces échanges improvisés faisaient de la nuit non pas une suite de lectures, mais une vraie rencontre, un cercle vivant.
L’atmosphère était simple, mais presque sacrée ; des voix, des silences, des respirations partagées. Un poème succédait à une lettre oubliée, un extrait de roman passait la main à une tirade de théâtre. Et chaque fois, on avait le sentiment d’être un peu plus reliés les uns aux autres.
La Nuit du Texte n’était pas un spectacle, c’était une expérience humaine. Une façon de redonner au texte sa place dans la cité, non pas comme objet figé, mais comme une parole qui circule, qui touche, qui rassemble. Pour les artistes, c’était un souffle de liberté encore une traversée d’émotions.
Cette première édition tenue en août a brillé par son authenticité. Elle a montré que la littérature, quand elle sort des livres pour se dire à voix haute, devient une veilleuse. Une petite lumière qui éclaire nos nuits et nous rappelle que, tant qu’il y a des mots, il y a du lien.
N’est-ce pas du nouveau à Lubumbashi ? N’est-ce pas une belle initiative pour permettre aux jeunes d’avancer, de rêver, de se retrouver autour du mot ?
Déjà, on attend avec impatience la prochaine nuit autour du texte, pour rallumer ensemble ce feu fragile et précieux.
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