17 mai
17 mai, une nuit pour ceux dont les corps disparaissent, mais dont les esprits continuent d’habiter nos mémoires à travers leurs sourires, leurs textes et leurs silences.
il y a des corps qui s'effacent, des âmes qui meurent et et des esprits qui demeurent, leurs souvenirs, leurs sourires habitent nos mémoires
cette nuit est pour toi, ma sœur
partie avant ma naissance
ce texte est pour toi kasongo, ma mère
arrachée à moi trop tôt
quatre ans après mon enfance
pour toi, grand père
pour tous mes frères tombés
dans le silence des nuits sans témoin
il est pour toi, lenfant noir
un soir comme celui-ci
deux… trois… quatre balles
ont traversées ta poitrine
incapable, la seule solution de mettre fin
à la souffrance n'était que la mort
une autre façon d'exister
et ce jour-là
j’ai vu des poèmes naître dans le sang
des mots qui débordent
comme des piscines de tristesse
j’ai vu, lenfant noir
dans le noir
un corps abandonné
dans des eaux qui puent l’oubli
j'ai vu, lenfant noir
dans les yeux des artistes
une peur qui cherchait à fuir
j'ai vu ta mère
les larmes épuisées
incapable même de pleurer encore
jai vu, ce jour-là
la tristesse prendre racine
un an sous terre
et tu n’es jamais revenu terminer ton atelier d’écriture
un an déjà
ton corps sous la terre
ton esprit encore dans les textes
un an de souvenirs serrés dans la tête
ton sourire encore vivant
dans nos mémoires
un an qu'on t’a forcé refuge
dans cette tombe noire
sans poésie
sans slam
lenfant noir, quand le ciel pissera sur ta tombe
tu chanteras
lenfant noir, quand le vent caressera ta tombe,
tu feras du silence de tous les disparus un poème
lenfant noir, quand viendront les lamentations des cieux
tu slameras
lenfant noir, quand se rassembleront en ta mémoire les artistes
tu seras parmi nous, dans chaque texte
bayoooooO
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