Résumé de "Ville-Morte" de Norbert Mbu Mputu
Ville-Morte est un recueil de Norbert Mbu qui explore la corruption, la violence, la misère sociale et la quête de sens à travers des personnages pris dans un système oppressif, où les luttes personnelles se mêlent à des luttes collectives.
Ville morte
• Résumé
« Ville-Morte » est un recueil composé de trois nouvelles dont ; « Ville-Morte », « Les sans-papiers » et « l’arbre sacré ».
L’histoire se déroule dans une ville fictive en proie à la corruption et à la violence, où les personnages luttent pour survivre et trouver un sens à leur existence.
1. « Ville-Morte » nous plonge en pleine émotion, au sein d’une foule grossissante au fur et à mesure que les habitants se laissent influencer par « radio trottoir » plus encore par les titres des journaux et les communiqués contradictoires diffusés à la radio officielle. Parmi la foule, au milieu des chômeurs et des SDF, le héros suit le mouvement davantage par curiosité que par conviction. On comprend que la misère endémique du peuple prédispose celui-ci à des confrontations parfois sanglantes avec les représentants d’un pouvoir répressif.
Lorsqu’il se retrouve propulsé en tête de la manifestation, le héros déguenillé est accusé d’en être le meneur. Une fois arrêté, il découvre enfin la souris promise dont la montagne vient d’accoucher … Une fois de plus, le peuple a été berné.
2. « Le sans-papiers » nous fait entrer de plain-pied dans un contexte de tradition familiale matrilinéaire au sein duquel les relations obéissent à un code non écrit et jouent un rôle primordial, parfois contraignant jusqu’au rocambolesque.
Le personnage principal est l’épouse de Jean-Chrysostome, informaticien africain installé en Europe pour parfaire sa formation suite à l’obtention d’une bourse d’études.
Ils vivent modestement avec leurs deux enfants avant de s’en retourner au pays. Leur projet sera contrecarré par l’irruption d’un neveu de parentèle éloignée, Az’Iza, avec qui les ennuis ne font que commencer.
Parti en Hollande, Az’Iza va mal tourner et y mourir. La tradition exige que le corps du défunt soit rapatrié, ce qui s’avère très compliqué : il est sans papiers et les diverses démarches sont très coûteuses. Mais Jean-Chrysostome et son épouse se plient à la coutume.
La famille élargie engage des dépenses somptuaires pour lesquelles le couple se retrouve endetté au point de devoir vendre leur maison en Europe afin de couvrir les frais. Amers, ils quittent l’Afrique avec cette fois-ci un projet d’exil définitif.
3. « L’arbre sacré » est un clin d’œil à l’amalgame qui peut se manifester dans certains esprits simples entre les anciennes croyances et la nouvelle religion, ou comment une lumière apparue dans la nuit noire en haut d’un baobab est prise pour l’Esprit Saint qui aurait justement choisi de se manifester à la veille de la Pentecôte.
Dans le village de Likwangola, Ngleyo accompagne dehors son épouse effrayée par l’obscurité mais tenaillée par un besoin pressant, quand il aperçoit la fameuse lueur céleste. Maria ne résiste pas à l’envie de prévenir ses voisins. Là encore, le bouche à oreille entre en scène avec tous ses excès.
Une foule de villageois accourt aux côtés du couple porteur de nouvelle jusqu’à ce que l’on découvre que la lumière en haut de l’arbre sacré n’a rien à voir avec l’ancien ou le nouveau culte. Il s’agit simplement d’une lanterne accrochée là par des chasseurs poseurs de glu.
Tout se termine avec dérision dans un éclat de rire à la vitalité rabelaisienne et chacun rentre chez soi.
• Thèmes abordés
Plusieurs thèmes ont été abordés dans ce recueil des nouvelles. Parmi lesquels :
- La grève : par ce thème que le titre lui-même suggère « Ville-Morte », l’auteur décrit des périodes où la vie économique comme politique est paralysée souvent en raison de manifestations, de grèves ou d’autres formes de protestation.
- La corruption : l’œuvre met en évidence l’acte de corruption endémique qui sévit dans le pays, la RDC. Les personnages se retrouvent confrontés à des situations où la corruption est mangeable, que ce soit dans les sphères politiques, économiques ou sociales.
- La non-confiance : la méfiance règne dans la société (congolaise) que décrit l’auteur. Les individus se méfient les uns des autres, des institutions et même de l’Occident.
Tiré de : « Etude de la dynamique des changements dans la litterature congolaise francophone (Cas du roman "Quand les enfants crient misère" et du recueil des nouvelles "Ville-Morte"). » Mémoire de licence défendu par Katonkola Kilubwa Abraham, en Lettres et Civilisations Françaises et Latines (2023-2024), Université de Lubumbashi, Inédit.
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