À une amie
Ces lignes rappellent que la beauté et la jeunesse sont éphémères et qu’il faut en profiter avant que le temps ne les fane.
Oui, croyez-moi, le temps, à votre tour viendra
Flétrir l’éclat si pur de votre belle face,
Et le printemps de la vie, où votre grâce passe,
Comme une rose en juin, hélas, se fanera.
Vos cheveux, plus lustrés que l’ébène, il fera
Plus blancs que le cygne ou que la neige qui glace ;
Votre front, sans ride alors, que l’on vante et qu’on lace,
Sera ce parchemin que l’âge plissera.
Cueillez donc, sans tarder, les roses de l’aurore,
Et de vos jeunes jours que le soleil colore,
Faites un doux bouquet à l’autel du Plaisir.
Ne gardez point pour l’ombre un trésor si fragile ;
La jeunesse n’a qu’un court et léger désir :
C’est un rêve d’avril que l’hiver rend débile.
John Aucriss B
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